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Rede des Botschafters anläßlich der Feierlichkeiten zum 30jährigen Mauerfall (FRA)

Botschafter Mafael hält seine Rede vor historischer Kulisse

Botschafter Mafael hält seine Rede vor historischer Kulisse, © StäV

09.11.2019 - Rede

M. le President de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, Linos Alexandre Sicilianos,
M. le Maire de la Ville de Strasbourg Roland Ries,
Cher Ambassadeur Mattei,
Chers collegues,
Mesdames et Messieurs,

C’est pour moi une grande joie de prendre la parole à l’occasion du 30ème  anniversaire de la Chute du mur de Berlin.
Et je voudrais remercier la ville de Strasbourg pour son initiative de commémorer cet événement historique ici à Strasbourg et devant ce fragment authentique de la division de l’Allemagne et de l‘ Europe, un pan original du Mur de Berlin.

Mesdames et Messieurs
Le 9 novembre est un jour très particulier dans l'histoire allemande, un jour qui illustre les différentes facettes de l'histoire de notre pays.
Le 9 novembre 1918, Philipp Scheidemann proclame la première République allemande, la République de Weimar.
Le 9 novembre 1923, la tentative de putsch d’Hitler échoue à Munich.
Le 9 novembre 1938, Nuit des Pogroms ou Nuit de Cristal (Reichskristallnacht), les nazis ont incendié des magasins, des synagogues et des cimetières juifs, ce qui fut le début de la persécution systématique des Juifs par les nazis, l’un des chapitres les plus sombres de l'histoire allemande.
C'est pourquoi, aujourd'hui, nous commémorons aussi toutes les victimes de l'Holocauste.
Et, bien sûr, le 9 novembre 1989 est le jour de la Chute du Mur de Berlin qui restera à jamais un moment de liesse dans l’histoire allemande et européenne.
En effet, le Mur n'est pas tombé tout seul, ce sont les citoyens de la RDA qui l'ont renversé, sans violence, lors d’une révolution pacifique.
Cette révolution n'a été possible que parce que ces gens ont surmonté leur peur, parce qu’ils sont descendus ensemble dans la rue pour défendre les valeurs qui leur étaient chères, la liberté et la démocratie.
En même temps, la chute du mur n'aurait pas été possible sans la lutte qu’ont menée nos voisins de l’Est pour défendre leur liberté et sans la solidarité et le soutien de nos amis occidentaux.
Ainsi, le 9 novembre, nous ne célébrons pas seulement l’anniversaire de la Chute du mur.
Nous célébrons le courage de la population de toute l’Europe centrale et orientale qui a fait triompher la liberté et la démocratie.
Nous célébrons l’union de l’Europe qui est fort heureusement rassemblée aujourd’hui, à quelques rares exceptions près.
Nous, les Allemands, savons à qui nous devons ce bonheur :
Nous le devons aux ouvriers du chantier naval de Gdańsk, aux révolutionnaires des pays baltes qui ont manifesté en chantant, aux Hongrois, qui ont été les premiers à ouvrir le rideau de fer, aux maîtres à penser de la Charte 77 à Prague, aux manifestations à la bougie à Bratislava, aux insurgés de Timișoara, à tous ceux qui, assoiffés de liberté, ont renversé les murs et arraché les barbelés.
Nous le devons à nos amis et partenaires de l’OTAN, au soutien immédiat du Président américain George W. Bush, à la confiance qu’a placée François Mitterrand dans la chance historique du processus d’unification européenne.
Et nous le devons à la politique de la Glasnost et de la Perestroïka de Mikhaïl Gorbatchev qui a ouvert la voie à la réunification.
L’unité allemande, c’est aussi un cadeau de l’Europe à l’Allemagne, et ce à la fin d’un siècle où les Allemands ont fait subir d’inimaginables souffrances à ce continent.
Pour nous, avec la Chute de mur et l'unification, une période de mise l’épreuve a recommencé dans le sens où nous devions regagner la confiance de nos voisins et faire en sorte que l'Allemagne unie reste engagée pour la paix, la démocratie et les droits humains dans la même mesure que l’ancienne RFA.
Il en résulte pour nous une obligation : celle de parachever le processus d’unification de l’Europe, de construire une Europe qui réponde aux valeurs et aux rêves de toutes celles et ceux qui sont descendus dans la rue en 1989 pour défendre la liberté et la démocratie.
Nous entendons œuvrer dans ce sens, et tout particulièrement l’année prochaine quand nous prendrons la présidence de l’Union Européenne au mois de juillet, trente ans après la réunification de notre pays, et au mois de Novembre la Présidence du Comité de Ministres au Conseil d’Europe.

Mesdames et Messieurs
Le 10 Novembre 1989, Willy Brandt, ancien Chancelier et maire de Berlin,  a prononcé cette phrase bien connue, je cite: „Ce qui va ensemble va désormais croître ensemble. Aujourd'hui, nous constatons que les parties de l'Europe vont à nouveau s'unir.“ . Fin de citation.
Et en effet, au cours des 30 années qui se sont écoulées depuis lors, d’incroyables avancées ont été réalisées. Que ce soit à l’Ouest ou à l’Est de notre pays, les gens sont dans l’ensemble plus satisfaits de leur vie qu'à n’importe quel moment après l'unification.
Toutefois, nous savons bien que cela ne correspond pas tout à fait à la vérité : 30 ans après la chute de mur, la majorité des Allemands de l'Est vivant en République fédérale se considèrent comme des citoyens de seconde zone, comme le montrent certaines enquêtes représentatives.
L'unification de l'État allemand est donc bien achevée mais il reste malgré tout encore beaucoup de travail à accomplir pour créer l’unité interne.
Les résultats des récentes élections dans trois des nouveaux États fédéraux avec une forte croissance des forces nationalistes alarment la classe politique et la société.
Sans oublier le récent attentat de Halle qui nous montre une fois de plus la nécessité de rester vigilant quant à la lutte contre la haine et l’antisémitisme.
Aujourd'hui nous devons faire preuve du même courage que les citoyens de la RDA pour lutter contre l'exclusion dans notre société, l'antisémitisme, la xénophobie et le racisme.
Mesdames et Messieurs
L’automne 1989 a révélé ce dont les Européennes et Européens peuvent être capables lorsque leur pensée dépasse les frontières nationales et passent à l’action.
L’automne 1989 a fait émerger les forces qui les animent lorsqu’ils se mobilisent pour la liberté et la démocratie, le droit et la justice : la force de dépasser les murs et les frontières ; la force de faire respecter nos valeurs et intérêts dans un monde de plus en plus autoritaire.
Ce monde a besoin du courage de l’Europe pour plus de liberté, du même courage dont elle a fait preuve en 1989.
Osons enfin être européens, agir en européen, sans aucune réserve !
Merci de votre attention.


Ambassadeur Rolf Mafael

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