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L’Allemagne, membre du Conseil de sécurité des Nations Unies en 2019‑2020

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L'Allemagne au Conseil de sécurité des Nations Unies, © Ministère fédéral des Affaires étrangères (AA)/dpa

01.07.2020 - Article

Le 8 juin 2018, l’Allemagne a été élue membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies pour la période 2019-2020. Depuis le 1er janvier 2019, elle exerce donc ce mandat pour deux ans.

Réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies
Réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies© picture alliance / dpa

Pour la sixième fois, l’Allemagne assume en cette qualité une responsabilité particulière pour la paix et la sécurité dans le monde. Elle tient à se présenter comme acteur crédible œuvrant pour le renforcement de l’ordre international, à assumer une responsabilité encore plus visible dans le système multilatéral et à contribuer au règlement des crises actuelles et à la prévention des conflits, et ce à un moment où l’ordre multilatéral, autour des Nations Unies, est soumis à des pressions énormes. Pour ce faire, l’Allemagne fait inscrire des thèmes prioritaires à l’ordre du jour concernant les femmes, la paix et la sécurité, le désarmement et la non‑prolifération, les droits de l’homme, le climat et la sécurité, le droit international humanitaire et l’espace humanitaire.

Composé de cinq membres permanents et de dix membres non permanents élus respectivement pour deux ans, le Conseil de sécurité des Nations Unies est le seul organe habilité à prendre des décisions contraignantes en droit international. En tant que membre du Conseil de sécurité, l’Allemagne peut faire jouer davantage l’influence de la politique étrangère allemande. En cette qualité, elle doit également se positionner continuellement sur des questions centrales de la paix et de la sécurité internationales, y compris sur le mandat des opérations de paix et l’adoption de sanctions. Pour la période 2019-2020, les pays disposant d’un siège non permanent au Conseil de sécurité sont, outre l’Allemagne, la Belgique, la République dominicaine, l’Indonésie et l’Afrique du Sud. Le 7 juin 2019, la Tunisie, le Viet Nam, le Niger, Saint‑Vincent et l’Estonie ont été élus au Conseil de sécurité pour la période 2020‑2021.

Quelles sont les priorités allemandes au Conseil de sécurité ?

Le Conseil de sécurité est le principal organe des Nations Unies qui garantit le maintien de la paix et de la sécurité internationales. En coopérant de manière constructive et active à la prolongation des mandats et à la gestion des crises, l’Allemagne met l’accent pendant son mandat sur la gestion des conflits. De plus, elle s’emploie à ce que le Conseil de sécurité renforce encore son action dans le domaine de la prévention des conflits, au sens d’une approche globale de la sécurité.

L’Allemagne s’efforce de faire figurer en permanence à l’ordre du jour du Conseil de sécurité certains thèmes qui dépassent le cadre des crises actuelles. Parmi ces thèmes, on mentionnera par exemple les rapports entre le changement climatique et la politique de sécurité ou les répercussions des pandémies sur la sécurité internationale. Les dérèglements climatiques posent, eux aussi, un problème de sécurité pour un nombre croissant de pays, par exemple pour les petits États insulaires menacés dans leur existence par la montée du niveau de la mer.

L’Allemagne promeut également le programme « Les femmes, la paix et la sécurité  ». Son objectif est double : aider les femmes à jouer un plus grand rôle dans la prévention et la gestion des conflits, et améliorer leur protection contre les violences sexistes dans les conflits. Dans ce contexte, l’Allemagne et la République dominicaine coprésident en 2020 le groupe informel d’experts sur les femmes, la paix et la sécurité. L’adoption de la résolution 2467 le 23 avril 2019 sous présidence allemande a constitué un grand succès vers une amélioration de la lutte contre les violences sexuelles dans les conflits et du traitement pénal en la matière.

L’Allemagne s’engage par ailleurs pour renforcer le système humanitaire. Son objectif est de mieux faire respecter le droit international humanitaire, d’assurer la protection des personnels humanitaires et l’accès de l’aide humanitaire aux régions en conflit et de mieux protéger la population civile en période de conflit armé. En septembre 2019, l’Allemagne a présenté, conjointement avec ses partenaires de l’Alliance pour le multilatéralisme, l’initiative Appel à l’action humanitaire destinée à promouvoir et à faire respecter le droit international humanitaire. Dans ce cadre, l’Allemagne s’engage avec l’alliance contre l’impunité pour la responsabilisation (« accountability ») en cas de crimes très graves. En tant que co‑rédactrice pour la « Syrie – questions humanitaires » au Conseil de sécurité, nous nous employons en faveur de l’accès humanitaire aux personnes dans le besoin. En outre, l’Allemagne est l’un des principaux acteurs mondiaux dans le domaine humanitaire et elle soutient en tant que tel de multiples façons la population civile dans les régions touchées par des crises ; elle souligne ainsi son engagement pour le respect des normes de droit international et des principes humanitaires.

L’Allemagne donne en outre de nouvelles impulsions dans les domaines du désarmement et contrôle des armements, notamment dans le cadre de deux débats sur le contrôle des armements nucléaires (Link TNP) et des projets de résolution sur le thème des armes de petit calibre. Elle plaide pour un régime international de contrôle des armements fort qui ne devrait pas se limiter aux systèmes d’armes nucléaires mais comprendre aussi, par exemple, les systèmes d’armes autonomes.

Pour finir, la prise en compte commune des droits de l’homme et de la sécurité est aussi pour l’Allemagne un objectif majeur au Conseil de sécurité. Les violations massives des droits de l’homme étant souvent à la fois le symptôme et la cause des conflits, l’Allemagne s’engage pour qu’elles fassent l’objet de discussions au sein du Conseil de sécurité. Outre les nombreuses réunions spéciales, l’Allemagne a par exemple invité la haute Commissaire aux droits de l’homme Michelle Bachelet en tant qu’intervenante et organisé une réunion informelle (formule Arria) sur les composantes des droits de l’homme dans les opérations de paix.

Comment se déroule le mandat allemand au Conseil de sécurité ?

À partir du 1er octobre 2018, l’Allemagne a participé en tant qu’observateur à toutes les réunions du Conseil de sécurité. Elle est membre à part entière du Conseil de sécurité depuis le 1er janvier 2019. En avril 2019, l’Allemagne a succédé à la France à la présidence du Conseil de sécurité pour la première fois en tant que membre non permanent. Les deux présidences ont coordonné leurs programmes sous forme de « jumelage », ce qui ne s’était encore jamais vu depuis que le Conseil de sécurité existe. Cette année encore, la présidence allemande du Conseil de sécurité en juillet 2020 s’inscrit dans le cadre du « printemps européen », lancé par l’Estonie au mois de mai et que la France a poursuivi au mois de juin.

La cohésion de l’Union européenne est un objectif de premier plan pour l’Allemagne, aussi et surtout aux Nations Unies à New York. Car lorsque nous, Européens, adoptons une position commune, notre voix porte bien mieux. Notre objectif est d’agir ensemble. Au sein du Conseil de sécurité aussi, l’Allemagne se concerte donc étroitement avec ses partenaires de l’UE. Quatre États membres de l’Union européenne sont actuellement représentés au Conseil de sécurité. 

Engagement de l’Allemagne aux Nations Unies

Outre son engagement humanitaire, l’Allemagne est très active au sein des Nations Unies sur les plans politique, financier et des ressources humaines : elle est notamment le quatrième pays contributeur au budget ordinaire et au budget du maintien de la paix, et le deuxième donateur mondial d’aide officielle au développement. En outre, l’Allemagne est aujourd’hui l’un des premiers pays occidentaux fournisseurs de troupes pour les opérations de maintien de la paix des Nations Unies et elle participe activement à ces missions, notamment au Mali et au Liban.

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